Pénurie de carburant : où faire le plein ce 13 septembre, notre relevé sur 9 805 stations

Oui, vous pouvez faire le plein ce dimanche 13 septembre 2026 : sur les 9 805 stations-service du flux officiel de l’État que nous avons dépouillé ce matin à 6 h 45, seules 610 stations — 6,2 % du réseau — n’ont plus aucune essence, et le gazole n’est en rupture temporaire que dans 3,5 % des stations.

Le prix, lui, a décroché : 2,315 €/L de gazole en moyenne. Voici ce que dit la donnée brute — et pourquoi le « 21 % des stations à sec » qui circule depuis deux jours ne mesure pas ce que vous croyez.

En bref

À lire Voitures électriques chinoises : ce que disent les crash-tests Euro NCAP 2026

  • Pas de pénurie nationale : 610 stations sur 9 805 sont à sec d’essence — notre mesure recoupe les 7 % du relevé officiel du 12 septembre.
  • Le gazole est épargné : 345 stations en rupture temporaire, soit 3,5 % du réseau.
  • Mais ça accélère : 1 059 stations ont perdu au moins une essence en 72 heures.
  • Le « 21 % de SP95 » est trompeur : 53,8 % des stations ne vendent plus du tout de SP95, parfois depuis 2022.

Le « 21 % de stations à sec de SP95 » est un artefact de comptage #

Précision de méthode : nous avons dépouillé tout le jeu de données prix des carburants — flux instantané du ministère de l’Économie, en ne gardant, pour les prix, que les relevés de moins de sept jours (1 067 relevés périmés écartés sur le seul gazole). Or depuis le 11 septembre, un chiffre tourne : 21 % des stations seraient à sec de SP95. Il n’est pas inventé, mais il répond à une question que presque personne ne se pose. Car chaque indisponibilité du flux porte un type, « temporaire » ou « définitive » — et sur le SP95, l’écart est spectaculaire :

  • 5 275 stations (53,8 % du réseau) sont en rupture définitive : elles n’en vendent plus du tout. Ainsi une station de Sens (Yonne), dont l’indisponibilité de SP95 est ouverte depuis le 26 novembre 2022.
  • 1 129 stations (11,5 %) sont en rupture temporaire : celles-là seulement sont en panne de carburant au sens courant.

Confondre « plus de SP95 ce matin » et « plus de SP95 depuis 2022 » fait à peu près doubler le chiffre : le SP95 a été largement remplacé par le SP95-E10, et plus d’une station sur deux a retiré la cuve.

Précisons, car le dénominateur change tout — et c’est ce que « 21 % » ne dit pas. Rapporté à tout le réseau, la rupture temporaire de SP95 est de 11,5 % ; rapportée aux seules 4 530 stations qui vendent encore ce carburant, elle monte à 24,9 %. Les deux calculs se défendent ; annoncer un pourcentage « de stations » sans dire lequel, non.

Surtout, le SP95 est le mauvais indicateur. Le bon, c’est le E10, essence aujourd’hui majoritaire : en rupture temporaire dans 886 stations (9,0 %) seulement, contre 1 322 (13,5 %) pour le SP98.

À lire Les stations-service les plus avantageuses pour votre budget carburant

Le chiffre qui compte : 610 stations réellement à sec #

Pour répondre à la seule question utile, nous avons compté les stations où aucune essence n’est disponible : 686, soit 7,0 % du réseau, dont 76 qui n’en ont jamais vendu — d’où 610 stations (6,2 %) à sec du fait de la crise. Or le relevé d’approvisionnement du ministère indiquait le 12 septembre à 9 h : 93 % des stations sans difficulté, 7 % en rupture. Deux méthodes indépendantes, le même ordre de grandeur — et la preuve que « 21 % » mesurait autre chose.

Plus largement, 2 448 stations (25,0 %) ont au moins une qualité d’essence en rupture — mais le plus souvent une seule, la station servant toujours du E10 et du gazole. Une station en tension n’est pas une station fermée.

En revanche, le rythme est préoccupant #

Le niveau reste bas, mais la pente est raide : 909 ruptures ouvertes le 12 septembre, 688 le 11, 213 le 10, puis moins de 70 par jour avant cela. Au total, 1 059 stations — 10,8 % du réseau — ont perdu au moins un carburant essence en 72 heures, et 538 des 610 stations à sec le sont devenues depuis le 10. La signature est celle d’achats d’anticipation plus que d’un défaut d’approvisionnement.

Le gazole n’est quasiment pas touché #

C’est la nuance la plus utile pour la majorité du parc français, et nous ne l’avons vue publiée à peu près nulle part : 345 stations en rupture temporaire de gazole (3,5 %) et 15 seulement en rupture définitive, contre 5 275 pour le SP95. Un automobiliste diesel a moins d’une chance sur 28 de tomber sur une cuve vide : la file d’attente du dimanche matin ne fait que lui coûter du temps.

À lire Prix Renault Zoé neuve 2025 : Analyse des finitions et tendances

La carte régionale des tensions (calcul maison) #

Nous avons rapporté les stations touchées au parc réel de chaque région : sans cela, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie ressortent toujours en tête, parce qu’elles comptent le plus de stations.

Région Essence perdue depuis le 10/09 Totalement à sec
Bretagne 15,1 % 10,4 %
Île-de-France 13,9 % 6,0 %
Pays de la Loire 13,5 % 10,1 %
Normandie 12,6 % 8,9 %
Grand Est 11,8 % 7,3 %
Centre-Val de Loire 11,7 % 6,6 %
Hauts-de-France 11,6 % 4,6 %
Occitanie 11,2 % 8,2 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur 9,9 % 3,5 %
Auvergne-Rhône-Alpes 9,0 % 4,5 %
Bourgogne-Franche-Comté 8,4 % 4,1 %
Nouvelle-Aquitaine 7,5 % 5,3 %
Corse 0,8 % 0,0 %

En nombre absolu, la Haute-Garonne arrive en tête (41 stations touchées), devant l’Ille-et-Vilaine (30) et le Nord (29).

Les prix : 68 centimes d’écart le même jour #

Carburant Prix moyen national
Gazole 2,315 €/L (médiane 2,299)
SP95-E10 2,135 €/L
SP95 2,188 €/L
SP98 2,237 €/L
E85 (superéthanol) 0,885 €/L
GPL 1,040 €/L

Le plus frappant reste la dispersion : le gazole va de 2,178 €/L à Niort à 2,859 €/L à Ostwald (Bas-Rhin), soit 68 centimes d’écart le même jour. Sur un plein de 50 litres, 108,90 € contre 142,95 € : 34 euros de différence, et 224 stations dépassent 2,50 €/L. Le choix de la station pèse donc plus lourd que la pénurie — comme les écarts de tarifs entre enseignes et la consommation réellement constatée.

Pourquoi les prix montent : le détroit d’Ormuz #

L’escalade entre les États-Unis et l’Iran s’est déplacée sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole. Dans la nuit du 8 au 9 septembre 2026, les États-Unis ont détruit cinq pétroliers iraniens ; l’Iran a riposté par 20 missiles balistiques sur la base Al-Azraq, en Jordanie, dont 18 interceptés, selon L’EnerGeek. Téhéran exige une autorisation pour tout passage dans le détroit.

À lire Pick-up Peugeot : Prix et Nouveautés 2025 en France

Le Brent valait 99,38 $ le 9 septembre ; il a clôturé à 107,63 $ le 10 (+6,34 % en une séance, +20 % depuis le 30 août), avant de retomber de 2,7 %, à 104,71 $, le vendredi 11, après le rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie.

La nuance que peu de lecteurs ont en tête

Le brut a donc déjà commencé à refluer vendredi, alors que la pompe continuait de monter. Ce n’est pas une incohérence : la pompe répercute le brut avec un décalage de une à deux semaines, le carburant en cuve ayant été acheté avant. Ce que vous payez ce matin reflète un baril d’il y a une dizaine de jours. N’en déduisez rien pour la suite : la trajectoire dépend du détroit.

Des appels à manifester, mais rien de revendiqué par une organisation #

Au 13 septembre, aucun syndicat et aucun parti ne revendique d’appel à manifester contre le prix des carburants. Une date, le 17 octobre, circule sur les réseaux sociaux, mais « aucun mouvement national structuré ne semble, pour l’instant, piloter ces différents appels », écrivait actu.fr le 12 septembre, constat partagé par CNews ; les listes de villes qui l’accompagnent ne reposent que sur des affiches en ligne, nous ne les reprenons pas. Deux éléments sont identifiés : Fabien Roussel (PCF) a dit le 11 septembre sur France 2 qu’il appellerait à se mobiliser si le gouvernement n’agissait pas — position conditionnelle, sans date ni lieu ; et 40 millions d’automobilistes a lancé le 12 septembre une « manifestation numérique », soit un formulaire en ligne. Enfin, aucun blocage de dépôt, de raffinerie ni opération escargot n’est établi en septembre 2026 : les articles les plus partagés datent de mars 2022 ou de mars 2026.

Les aides : ce qui court vraiment aujourd’hui #

Attention à la datation : la conférence annonçant 710 millions d’euros d’aides date du 21 mai 2026, pas de septembre, et plusieurs montants ont été révisés depuis. L’état réel repose sur le communiqué du Premier ministre du 3 septembre 2026 :

À lire Découvrez les secrets du coffre de la Renault Clio Estate : astuces de rangement et comparatif exclusif !

  • Agriculteurs : 15 c/L de GNR, reconduit en septembre et octobre, mais il « pourra faire l’objet d’aménagement ».
  • Pêcheurs : 25 c/L, et non les 30 à 35 centimes annoncés en mai — montant appliqué aussi rétroactivement à juin, juillet et août.
  • BTP : 20 c/L jusqu’à fin octobre — mais pour les transporteurs routiers, l’aide s’est arrêtée fin août.
  • Prime carburant : plafond d’exonération porté de 300 à 600 € jusqu’au 31 décembre 2026 (Urssaf) — mais le versement reste à la main de l’employeur.
  • Grands rouleurs : indemnité de 100 €, guichet ouvert jusqu’au 30 septembre 2026.

Pour les autres automobilistes, rien de neuf : à l’issue de la réunion des distributeurs à Bercy le 9 septembre, aucune nouvelle aide n’a été annoncée, ni plafonnement des prix ni geste fiscal, selon franceinfo. Il n’existe à ce jour ni chèque carburant, ni baisse de TICPE.

Le bon réflexe avant de prendre la voiture #

Consultez le comparateur officiel prix-carburants.gouv.fr et son application, d’où viennent nos données. Deux réflexes : vérifiez la date du dernier relevé affichée, car un prix vieux de trois semaines ne veut plus rien dire ; et si vous cherchez de l’essence, visez le E10.

Questions fréquentes #

Y a-t-il une pénurie de carburant en France ce 13 septembre 2026 ?

Non, pas au sens strict. Sur les 9 805 stations du flux officiel, 610 (6,2 %) n’ont plus aucune essence, et le gazole n’est en rupture temporaire que dans 3,5 % des stations. Le relevé officiel du ministère donnait 7 % de stations en difficulté le 12 septembre.

Pourquoi lit-on que 21 % des stations sont à sec de SP95 ?

Parce que ce chiffre mélange deux situations. Dans le flux officiel, 53,8 % des stations portent une indisponibilité définitive de SP95 : elles ne vendent plus ce carburant, parfois depuis 2022. La rupture temporaire réelle concerne 11,5 % du réseau, ou 24,9 % des stations qui en vendent encore.

Le gazole est-il touché par les ruptures ?

Très peu. Nous comptons 345 stations en rupture temporaire de gazole, soit 3,5 % du réseau, et 15 seulement en rupture définitive. Un automobiliste diesel a moins d’une chance sur 28 de tomber sur une cuve vide.

À retenir #

La France n’est pas en pénurie de carburant : 610 stations sur 9 805 sont à sec d’essence, et le gazole n’est touché qu’à 3,5 %. Le « 21 % de SP95 » mélange ruptures temporaires et abandon définitif d’un carburant que plus d’une station sur deux ne vend plus. La tension réelle est récente et rapide — 1 059 stations en 72 heures — et très inégale, de 15,1 % en Bretagne à 0,8 % en Corse. Le vrai sujet reste le prix : 34 euros d’écart sur un plein de 50 litres.

BL Auto Passion est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :